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Monday, 1 October 2018

Tous les Visages de l'amour: a tribute to Charles Aznavour

La mort de Charles Aznavour, c'est vraiment la fin d'une époque.  Tristement sous-estimé dans le monde anglophone, ce franco-arménien est pour moi un véritable génie. Quand j'avais seize ans, mon prof de français à essayé de convaincre sa classe qu'Aznavour et ces chansons méritaient notre attention. Nous, on ne le croyait pas. On préférait le rock. Quarante ans plus tard, j'avais changé d'avis, et en tant que prof moi-même, j'ai appris sa musique et ses paroles à mes classes de terminale. Heureusement, mes élèves, surtout les filles, étaient persuadées. J'espère qu'il y a au moins quelques jeunes anglaises en deuil ce soir!

Pour moi, ce qui rend Aznavour spécial, c'est que ses paroles méritent une analyse critique autant que sa musique. Les paroles nous parlent des émotions que nous connaissons tous.

Et en particulier, il nous a parlé de l'amour et du passage du temps, ce que nous comprenons tous:

Un thème prédominant dans la musique, quoi que soit son style, son origine ou son époque, c’est la plus puissante émotion humaine, l’amour. Et la musique d’Aznavour n’est pas une exception, et on pourrait même dire que le thème principal d’Aznavour, c’est l’amour. Pour être plus précis, le titre de sa chanson la mieux connue dans le monde anglophone nous donne un thème plus spécifique: «Tous les Visages de l’Amour». Cette chanson, qui lui a donné son seul grand succès en Grande Bretagne en 1974 sous le titre anglais «She» , a connu un succès secondaire grâce au film anglais «Notting Hill» en 1999, dans lequel une version interprétée par Elvis Costello joue un rôle important. Que ce soit en anglais ou en français, les paroles de cette chanson expriment en termes lucides les joies et les angoisses que l’on trouve dans toutes les relations intimes : « Tu es un ange ou le démon » ;  «Un mot de toi je suis poussière ou je suis Dieu». Mais ce qui est bien clair dans les paroles, c’est que leur auteur croit absolument que ça vaut la peine : «Toi, viens fais de moi ce que tu veux/un homme heureux ou malheureux» sont les mots d’un homme qui comprend très bien que les joies de l’amour sont beaucoup plus fortes que les angoisses.

Dans d’autres chansons, on voit aussi que le compositeur a vraiment vécu ce qu’il nous raconte : il y a des paroles qui nous racontent la passion pure et simple, par exemple «Toi et Moi», mais il y en a d’autres qui racontent des moments plus difficiles, voire douloureuses : «Bon Anniversaire» est une histoire triste, pleine d’humour et surtout pleine de réalisme – il s’agit de l’amour  bien après la passion des premiers rencontres, mais un amour qui survit les problèmes de la vie quotidienne. «La soirée est gâchée mais on a de la chance/puisque nous nous aimons l´amour est le plus fort». Une autre chanson nous raconte une liaison ratée : «Viens pleurer au creux de mon épaule» exprime les mots d’un homme coupable qui ne veut pas que son erreur, aussi grave que ce soit, soit punie. Et dans «Non, je n’ai rien oublié», nous suivons toute une histoire détaillée d’un couple qui se retrouve après on ne sait pas combien de longues années, mais qui ressentent tous les deux la force persistante de cette plus profonde émotion.

Cette dernière chanson a aussi un sens très marqué de la nostalgie exprimé dans son titre, ce qui sert très bien à introduire le deuxième grand thème de la musique d’Aznavour: celui du temps qui passe, même le temps qui s’enfuit. A un certain niveau, il s’agit tout simplement de la nostalgie: Sa chanson peut-être la plus célèbre, certes la plus souvent interprétée par d’autres chanteurs, c’est bien «La Bohême». Une histoire? Une vraie histoire? Peut-être que oui, mais à mon avis il ne s’agit pas d’une lamentation pour une amante perdue, mais plutôt pour un mode de vie perdu, un mode de vie qui en réalité n’existait vraiment pas dans tout son détail, mais qui représente quand même quelque chose de précieux non seulement pour le compositeur, mais aussi pour toute une génération française.  Il regrette le passage du temps et même la perte d’innocence ou peut-être plutôt la perte de la simplicité de la jeunesse quand «nous vivions de l'air du temps», sans soucis pratiques. Ce qui est clair à la fin de cette chanson, c’est que cette vie simple et joyeuse est très éphémère et donc vraiment précieuse.

Une autre chanson nostalgique, c’est bien sûr «Pour faire une Jam» - une chanson en style jazz qui évoque l’ambiance des cafés bohémiens dans la rue de la Huchette au  cœur du Quartier Latin, où le jeune Aznavour a passé son enfance. Celle-ci est une chanson simple et joyeuse mais avec un sens de regret des meilleurs jours d’autrefois. De la même façon, «Mes Emmerdes» est une chanson qui évoque sans regrets et avec une certaine joie les moments d’autrefois.

«Hier Encore», par contre, est une chanson qui exprime plutôt l’agonie de voir le temps s’enfuir, de voir disparaitre sa vie. Elle ressemble dans ses idées au poème «L’Horloge» de Charles Baudelaire, où le poète parle du temps comme un ennemi, un Dieu sinistre qui gagne toujours dans sa bataille permanent contre la vie. «Hier encore» semble exprimer les regrets d’un homme vieillissant qui n’arrive pas à apprécier ce qu’il a réussi dans sa vie, mais qui pense sans cesse à tous ses échecs, tout ce qu’il a raté : «Par ma faute j'ai fait le vide autour de moi et j'ai gâché ma vie et mes jeunes années». On pourrait même dire que ce soit une chanson existentialiste, pour la façon dont elle nous rappelle l’importance des actes dans une vie courte et fragile. Ça, c’est un sentiment fort difficile à comprendre quand on est jeune, mais dans une autre chanson nostalgique qui regrette dans une certaine mesure le passage du temps, on trouve un message nettement plus positif. «Sa Jeunesse» est une chanson qui parle non seulement du passage du temps, mais qui nous conseille de ne pas l’oublier, et donc de saisir tout ce que la vie nous offre en tant que jeunes «Lorsque l'on tient entre ses mains cette richesse/avoir vingt ans, des lendemains pleins de promesses»  - voilà  des mots qui nous rappellent les joies de la jeunesse et l’importance d’en profiter avant que ce soit trop tard - un message plus positif sur le passage du temps, et à mon avis un excellent conseil aux jeunes.

Il existe évidemment une vaste gamme de thèmes traités dans les centaines de chansons de ce chanteur-compositeur extraordinaire: un exemple frappant de la façon dont il ose traiter tous les aspects de la vie humaine, c’était la chanson «Comme ils disent», un traitement sympathique de l’homosexualité, sorti en 1972, bien longtemps avant l’acceptation moderne de l’amour homosexuel.

Mais on peut conclure que les thèmes les plus frappants sont ceux de l’amour et du temps qui passe, et pour moi, ce qu’on ne peut pas nier, c’est que ce sont les deux choses qui nous touchent tous, pratiquement sans exception. Presque tout le monde connaît au cours de sa vie l’amour, que ce soit l’amour réussi ou l’amour raté, souvent tous les deux, et c’est pour cette raison que nous pouvons nous identifier avec les sentiments qu’il exprime, embellis d’une musique si variée et émouvante.

Quant au passage du temps, c’est la seule expérience humaine que nous partageons tous, sans exception. Et donc pour moi, c’est celui-ci qui constitue le plus touchant de ses thèmes. «Car tous les instants/de nos vingt ans/nous sont comptés/et jamais plus/le temps perdu/ne nous fait face/il passe» Voilà des mots qui m’ont vraiment encouragés à profiter au maximum de ma vie.

Voici mon playlist de mes chansons préférées d'Aznavour:

Monday, 31 October 2016

Sa Jeunesse

Sa Jeunesse. Your youth. A French song title for this diabetes-themed post. It's a song wrtten and performed by that incomparable Franco-Armenian nonegenarian chanteur Charles Aznavoura singer-songwriter sadly under-recognised in the English-speaking world. It's a eulogy of youth, and as such is a song tinged with melancholy about the passing of time: the title comes as the end of a refrain that exhorts young people to make the most of their youth while they can: Il faut boire jusqu'à l'ivresse sa jeunesse: drink up your youth until you're drunk on it

Not a bad piece of advice in my view, but I'm more inclined to say enjoy every part of your life, because in many ways, the best is yet to come as well as being in the past.

Aznavour is clearly troubled by the ageing process: some of his best known songs like Hier Encore and La Boheme express the nostalgic regrets of a middle aged man who wishes he was young again, and in so doing, he gives voice to feelings that we all experience to some extent. Where did our life go? It's a theme as old as time itself.

All this came to my mind recently when reading a blog by Amber, one of my gbdoc friends, called Diabetes is an invalid excuse, a cri de coeur from a young person suffering from diabetes burnout. In it, Amber makes reference to the fact that as a teenager she can't easily do what young people want to do - go out, party, stay out late, drink. This got me thinking about the differing burden of diabetes at different ages, an idea which has come into my mind a lot in recent years, as I have got to know so many fellow Type Ones who, unlike me, were diagnosed as children or teenagers. For them, it is very difficult to "drink of the fountain of youth".

I've said it before in blog posts: I feel lucky to have missed diabetes as a child, teenager or young adult, so I am no expert on life as a Type One at those ages. However, it seems to me self-evident that there are multiple extra issues with the condition for those who are diagnosed young. 

For very young children, of course, the issues are for the parents as much as the child. I shudder to think of the worry and heartache felt by parents having to deal with such a fickle condition, and in effect needing to act as the child's pancreas. I entirely understand why a prominent member of the GBDOC, parent of a T1D child, styles herself Understudy Pancreas, and I can well imagine the multiplied worry when a child starts school, or moves from primary to secondary. 

But let's not forget the child! How difficult it must be to be fussed over, to be told not to do this, or be careful when you do that. Childhood has become so risk-averse in modern times, but for the diabetic child there's a whole extra layer of risk, and it's a real risk as well.

Then there's teenagers. Imagine being landed with a condition that inhibits your freedom just at the time in your life when you want to start to express that freedom. Imagine the difficulty of taking over your own testing and insulin dosing after your parents had been doing it. Imagine the daft and often downright nasty things that get said at school to kids who inject themselves, prick their fingers and sometimes start acting strangely. Imagine the extra complications to sleepovers, sport, parties, trips and holidays. And all of this before we even mention the effect of growing up, puberty and hormones. All of it more fraught with complications for girls than boys.

Then for mid and later teens, the expected lifestyle is so fundamentally incompatible with diabetic life that I really feel for them. I wasn't exactly  wild in my Sixth Form and student days, but nevertheless enjoyed my fair share of late nights, missed meals and generally carefree spontaneity. If a young diabetic wants to enjoy drinking and clubbing, the hazards are self-evident. And goodness knows how awkward it must be explaining the injections, or worse still the pump and tubing, to someone on one of your first dates. "Don't touch me there.....you'll rip my tubing off!" "Take your hands off my...Libre!"

Even for younger adults, diabetes is no friend. Busy lives, building a career and setting up home all carry risks, and what about parenthood? I hear many a tale of sleepless nights with new babies made worse by diabetes. And let's not even mention the potential minefield of pregnancy. I so admire the women I know who have trodden that path with diabetes in tow...

I guess what I'm saying is that Type One diabetes is best suited to sedate middle age - which is the age I was when I got it. Through #GBDOC I have in recent years got to know many other Type Ones, nearly all younger than me and the majority of them female. Unsurprisingly, most of them seem to have a more difficult time with diabetes than I normally do, but then I'm a man in my fifties who leads a pretty sedate and largely predictable life. Type One, male and middle age are a good match  I think.

So I guess this post could be termed The Seven Ages of Diabetes. There are, I know, potential problems with every age, and I prefer not to think about my old age and diabetes (imagine becoming forgetful about injections....aaargh!). Perhaps I should just conclude by once again thanking all the Type Ones of every age whom I have got to know through #GBDOC, whose willingness to share their experiences of diabetes has taught me so much about the condition we all share. I salute each and every one of you, whatever your age.

The Way We Were

“Can it be that it was all so simple then? Or has time re-written every line? And if we had the chance to do it all again, tell me... Would ...